
Dans un marché public, l'attribution ne se joue pas uniquement sur le prix. Chaque offre est évaluée au regard de critères de sélection définis en amont par l'acheteur public, puis pondérés pour établir un classement objectif. Comprendre ce mécanisme est essentiel : pour l'entreprise candidate, cela conditionne la manière de construire son offre ; pour l'acheteur public, cela détermine la sécurité juridique de toute la procédure.
Le code de la commande publique impose que les critères permettant de choisir l'offre économiquement la plus avantageuse soient non discriminatoires et liés à l'objet du marché. Ils sont annoncés dans les documents de la consultation (règlement de la consultation, avis d'appel public à la concurrence) avant le dépôt des offres.
Il peut être apprécié au regard du prix global, d'un coût global du cycle de vie, ou d'une approche coût/efficacité. Un prix anormalement bas doit alerter l'acheteur, qui a l'obligation de demander des précisions au candidat avant d'écarter son offre.
Il porte sur la méthodologie proposée, les moyens humains et matériels affectés, ou encore les délais d'exécution. C'est souvent sur ce critère que se joue la différenciation entre candidats, d'où l'importance d'un mémoire technique précis et adapté au cahier des charges.
Depuis plusieurs années, les acheteurs publics sont incités, voire obligés selon les secteurs, à intégrer au moins un critère environnemental. Performance énergétique, gestion des déchets de chantier ou insertion professionnelle peuvent ainsi peser dans la notation.
Depuis le 22 août 2026, il est désormais obligatoire d'intégrer un critère environnemental dans le cadre de l'analyse des offres. Aussi, l’acheteur sera dans l’obligation d’intégrer au moins une condition d’exécution de nature environnementale. Elle devra être liée à l’objet du marché, exécutable et contrôlable.
Le critère social reste, lui, facultatif. En revanche,une clause d’exécution intégrant des considérations sociales est obligatoire en cas de procédure formalisée (marché dont le montant estimé est supérieur au seuil européen).
L'acheteur public dispose d'une marge d'appréciation pour fixer la pondération de chaque critère, mais celle-ci doit rester cohérente avec l'objet du marché et être portée à la connaissance des candidats. Une pondération manifestement incohérente, ou modifiée en cours de procédure, expose la personne publique à un risque contentieux.
Un candidat évincé qui estime que les critères ont été mal appliqués, ou que la pondération annoncée n'a pas été respectée, peut demander la communication des motifs de rejet puis, le cas échéant, engager un référé précontractuel avant la signature du contrat. Ce recours d'urgence permet de faire sanctionner les irrégularités affectant la procédure de sélection.
Que vous soyez une entreprise candidate à un marché public souhaitant optimiser vos chances, ou un acheteur public engagé dans la préparation d'une consultation, le Cabinet Sellier vous accompagne dans la définition et l'analyse des critères de sélection. Notre expérience du contentieux nous permet d'anticiper les points de fragilité d'un dossier avant qu'ils ne deviennent une source de litige.
Pour toute question relative à la notation des offres ou pour évaluer les chances de succès d'un recours, contactez le Cabinet Sellier.
