
Entre la notification du rejet d'une offre et la signature du marché par l'acheteur public, la loi impose un délai de suspension, appelé aussi « standstill ». Ce délai incompressible existe pour une seule raison : laisser aux candidats évincés le temps matériel de saisir le juge des référés avant que le contrat ne devienne définitif. Mal computer ce délai expose l'acheteur à un risque contentieux majeur.
Le code de la commande publique impose à l'acheteur d'attendre un certain nombre de jours entre la notification de la décision de rejet aux candidats non retenus et la signature du contrat avec l'attributaire. Pendant cette période, la signature est juridiquement impossible.
Le délai court à compter de la date d'envoi de la notification de rejet à chaque candidat évincé, et non à compter de sa réception. Une vigilance particulière s'impose donc sur la traçabilité de l'envoi : horodatage de la plateforme de dématérialisation, accusé d'expédition, etc.
La durée varie selon le moyen de communication utilisé : elle est généralement de 11 jours lorsque la notification est faite par voie électronique, et portée à 16 jours pour les autres moyens de communication. Certaines procédures en sont dispensées (marchés passés selon une procédure adaptée, marchés attribués à l'unique soumissionnaire, urgence impérieuse), ce qu'il convient de vérifier au cas par cas.
Si l'acheteur signe le contrat avant l'expiration du délai de suspension, le candidat évincé perd la possibilité d'agir en référé précontractuel : il ne peut plus contester la procédure qu'après la signature, par la voie du référé contractuel. Or ce dernier répond à des conditions de recevabilité plus strictes et à des moyens invocables plus limités.
La signature du contrat avant l'expiration du délai de suspension constitue en elle-même un manquement susceptible de justifier la nullité du contrat devant le juge du référé contractuel, indépendamment de toute autre irrégularité de la procédure de passation.
La computation du délai de suspension est une étape technique où une erreur de quelques heures peut faire basculer l'issue d'un litige. Le Cabinet Sellier assiste les entreprises candidates souhaitant contester une éviction dans les délais, et conseille les acheteurs publics sur la sécurisation de leurs notifications. Contactez le cabinet dès la notification d'un rejet pour évaluer vos options.
