
Au-delà des faits reprochés à l'établissement, la régularité de la procédure suivie par l'administration conditionne la validité même de l'arrêté de fermeture. De nombreux arrêtés sont annulés non pas parce que les faits sont contestés, mais parce que la forme n'a pas été respectée. Ces arguments de procédure méritent un examen systématique.
Un vice de procédure peut entraîner l'annulation de l'arrêté sans même que le juge n'examine la réalité des faits reprochés. C'est pourquoi l'analyse de la régularité formelle de la procédure doit toujours précéder, voire accompagner, la contestation sur le fond.
Les exploitants concentrent naturellement leur défense sur les faits, au détriment de l'examen de la procédure. Or, un arrêté rédigé dans l'urgence par l'administration comporte fréquemment des irrégularités qui peuvent être décisives.
Sauf urgence caractérisée, l'exploitant doit avoir été mis en mesure de présenter ses observations avant que la mesure ne soit prise. L'absence de cette étape, lorsqu'elle n'est pas justifiée par une urgence réelle et démontrée, constitue un vice substantiel.
L'arrêté doit exposer avec précision les faits reprochés et viser les textes applicables. Une motivation stéréotypée, reprenant des formules générales sans lien direct avec les circonstances propres à l'établissement, fragilise juridiquement la décision.
L'arrêté doit être signé par l'autorité compétente, ou par un délégataire régulièrement habilité. Une délégation de signature irrégulière ou insuffisamment publiée peut être utilement soulevée.
Une notification tardive, incomplète, ou omettant de mentionner les voies et délais de recours, peut avoir une incidence tant sur la computation des délais de recours que, dans certains cas, sur la légalité même de la mesure.
L'analyse suppose de reconstituer précisément le déroulement de la procédure : date des constatations, éventuelle mise en demeure préalable, invitation à présenter des observations, date de signature et de notification de l'arrêté.
Chaque étape doit être confrontée aux exigences procédurales applicables. L'absence, l'insuffisance ou le retard d'une seule de ces étapes peut suffire à emporter l'annulation de l'arrêté.
Il faut avoir conscience qu'une annulation prononcée sur le seul fondement d'un vice de procédure n'empêche pas, en principe, l'administration de reprendre une mesure similaire en respectant, cette fois, les règles formelles applicables, dès lors que les faits initialement reprochés demeurent d'actualité. La contestation procédurale n'est donc pas toujours une solution définitive, mais elle peut néanmoins permettre une réouverture rapide de l'établissement le temps que l'administration régularise son dossier.
Devant le juge des référés, la démonstration d'un vice de procédure manifeste participe directement à la caractérisation du doute sérieux sur la légalité de l'arrêté, condition du référé-suspension. Elle peut, dans certaines configurations, contribuer également à la démonstration d'une illégalité manifeste devant le juge du référé-liberté.
La démonstration d'un vice de procédure repose sur des éléments matériels précis, qu'il convient de solliciter sans délai auprès de l'administration :
L'identification des vices de procédure requiert une lecture attentive du dossier administratif et une connaissance précise des exigences formelles applicables à la fermeture administrative. Le Cabinet Sellier examine systématiquement ce volet pour chaque dossier confié. Contactez le cabinet dès réception de l'arrêté pour un examen rapide de sa régularité.
